JEÛNE

La rupture du jeûne du Ramadan et la Santé

 

Lettre du Professeur Joyeux du 25/06/17

Suivi d'un article 

du 22/05/2015  par Eric Müller

 

Récemment mon ami Faouzi Skali[1] le Sage de Fès, maître soufi, m’invitait à donner une conférence à Fès. La thématique pendant la période du Ramadan, était à propos des aspects nutritionnels et santé de ce mois particulier des nos amis musulmans.  

Trop pris par des engagements antérieurs pour ce déplacement, je vous propose cette réflexion en guise de conférence publique. 

Chacun pourra s’exprimer en retour avec sa propre expérience. 

La mienne est bien faible, car elle date de ma présence au Maroc, à Tanger comme jeune chirurgien à l’Hôpital Al Kortobi au bord du détroit de Gibraltar. Je suivis cette forme de jeûne en 1969 et 1970, les samedi et dimanche lorsque je parcourais le pays en 2 CV avec l’un de mes collègues musulmans qui suivait fidèlement sa tradition religieuse. Ces jours-là évidemment, je n’avais pas d’intervention chirurgicale sauf urgence.  

Nul doute qu’au delà des aspects purement religieux, s’associe au jeûne du Ramadan une dimension santé-physique que je n’ai pas trouvée dans le Coran. 

C’est celle-ci, souvent oubliée, qui m’intéressait et m’interroge aujourd’hui. 

Evidemment n’étant pas musulman, je ne me permets pas de parler avec autorité du décalage éventuel qu'il peut y avoir entre l'esprit du jeûne et une certaine surconsommation alimentaire qui caractérise trop  souvent le mois de Ramadan pour une grande population. 



Que veut dire “Ramadan” ? 

Deux sens s’associent à ce mot  ”ramad”, رمض, la chaleur du soleil qui réchauffe la pierre et en plus une résonnance spirituelle, ”ramad”, l’engouement et l’énergie spirituels. 

  

Que dit le Coran[2] dans la Sourate[3]II : Al-Baqara ou La Génisse ?  

Au verset 186.  Le mois de Ramadān est celui pendant lequel le Coran a été révélé comme guide pour l’humanité, avec des preuves claires sur la direction et le Critère. Par conséquent, quiconque d’entre vous est présent chez lui pendant ce mois, doit y jeûner. Mais quiconque sera malade ou en voyage devra jeûner pendant le même nombre d’autres jours. 

Au verset 187. La nuit du jeûne, il vous est permis de faire galanterie avec vos femmes. Elles sont pour vous un vêtement et vous êtes pour elles un vêtement. Allāh sait que vous vous êtes traités avec injustice et c’est pourquoi Il S’est tourné vers vous avec clémence, et Il vous a graciés. Cohabitez donc avec elles à présent et cherchez ce qu’Allāh a décrété pour vous ; mangez et buvez jusqu’à ce que le fil blanc de l’aube vous devienne distinct du fil noir de la nuit à l’heure du Fajr. Alors, complétez le jeûne jusqu’à la tombée de la nuit, et abstenez-vous d’approcher vos femmes pendant que vous êtes en retraite dans la mosquée pour vos dévotions. Voilà les limites fixées par Allāh, ne les approchez donc pas ! C’est ainsi qu’Allāh explique Ses commandements aux hommes afin qu’ils se protègent du mal. 



Les aspects Santé du jeûne 

Le texte ne les précise donc pas. Cependant, ils peuvent être pris en considération dans ce monde moderne où nous sommes de plus en plus interrogés par la malnutrition, liée à la surconsommation de denrées alimentaires en tout genre. Nul doute que cette surnutrition est responsable d’un grand nombre de maladies, de celles dites ”auto-immunes” qui peuvent atteindre tous les tissus et organes : thyroïde, peau, thymus, système digestif (intestin, colon-rectum – foie et pancréas), ostéo-articulaire, gonades, système nerveux central et périphérique, jusqu’aux différentes formes et localisations cancéreuses. 

Les bienfaits du jeûne religieux dans la tradition musulmane n’auraient été reconnus scientifiquement qu’à la fin du XIXème siècle mais sans en apercevoir certains excès malheureusement de plus en plus fréquents. 

Le jeûne aujourd’hui est pratiqué de plus en plus largement par une population, adepte de la santé, dans un but simplement de bien-être physique voire psychologique, sans aucun aspect religieux. Il s’agit de mettre son système digestif au repos pendant un certain temps : un jour par semaine, ou une semaine par an, ou plus longtemps, accompagné on non par un médecin ou un coach nutritionniste… 

Il s’agit du jeûne de produits animaux, avec les excès du végétalisme des végans[4], ou plus fréquemment le végétarisme, plus ajusté à notre santé, qui consiste à augmenter globalement la consommation des aliments végétaux et à réduire fortement ceux d’origine animale. 

En Allemagne le célèbre Dr Otto Būchinger (1878-1966) a mis au point une technique de jeûne thérapeutique très populaire. Elle consiste à ne pas manger pendant une semaine mais à boire à volonté. Au bout de trois jours l’organisme commencerait à consommer ses propres toxines. Dans cette hypothèse, rompre le jeûne tous les soirs paraît étrange, surtout si la consommation calorique est excessive. 

Il y a aussi le jeûne aux jus de fruits et légumes frais qui utilise l’extracteur de jus, afin de ne pas surcharger le tube digestif des fibres qui exigent le travail de la digestion. Ce type de jeûne est recommandé pour les patients devant subir à intervalles réguliers des chimiothérapies plus ou moins lourdes, difficiles à supporter. Il faut alors mettre l’intestin au repos. 

On facilite ainsi nettement la tolérance aux traitements anti-mitotiques qui atteignent tout autant les cellules cancéreuses que les cellules normales, en particulier celles du tube digestif, entérocytes et colocytes qui ont une vie plus courte (4 à 5 jours) que celle des globules blancs (7 jours) et des globules rouges (120 jours). Les conséquences nutritionnelles et digestives de ces chimiothérapies sont souvent très perturbatrices de l’état immunitaire du fait de la malabsorption digestive. 

En matière de santé individuelle et collective, il est actuellement établi que l’idéal est dans l’apport alimentaire de 80% de végétaux et 20% de produits animaux, pas seulement un mois par an, mais de manière régulière tout au long de l’année. C’est le meilleur moyen de maintenir des défenses immunitaires solides. 



Les dangers des dîners hypercaloriques à la rupture du jeûne 

Nul doute donc que le jeûne dans la tradition du Ramadan ne peut être qu’utile à la santé, s’il est bien pratiqué comme nous allons le voir. Il faut cependant souligner les dangers incontestables que l’on remarque lors de la rupture du jeûne. Et ce quel que soit le mois de l’année puisqu’il change chaque année... 



L’importance d’une forte hydratation                                            

Evidemment pendant les mois d'été et en particulier dans les pays où la température monte très haut, l’absence de boissons, d’eau en particulier tout au long de la journée est éprouvante et peut être même dangereuse pour la santé. 

Il est donc indispensable de s’hydrater fortement entre la rupture du jeûne le soir et de très bon matin, au lever quand la journée de jeûne va commencer. La quantité d’eau consommée doit atteindre au minimum les 2 à 3 litres calculés, afin d’éviter toute déshydratation, dangereuse pour la santé, quel que soit l’âge. Evidemment il ne s’agit pas de sodas ou de coca sous quelque forme que ce soit light ou non. 

N’oublions que la sudation naturelle et la perspiration (fuite par voie respiratoire) pendant les journées très chaudes peuvent faire perdre plus d’un litre et demi de liquide avec tous les minéraux associés. 



Attention aux sucres en excès qui peuvent devenir addictifs 

Nous l’avons nous même observé dans notre courte observance dès 1969 et encore récemment, invité plusieurs fois par des amis au repas de la rupture du jeûne. 

Après la délicieuse soupe traditionnelle, chorba d’Algérie et de Tunisie, la harira du Maroc déjà fort calorique selon les traditions familiales, se succèdent les salades et les plats chauds, avec les bienfaits ajoutés de la menthe qui donne un si bon goût, et les meilleurs morceaux de viandes ovines, moutons et agneaux. 

En plus du fait que l’on surcharge le tube digestif en protéines animales qui peuvent perturber le sommeil, surtout l’endormissement, s’ajoutent toujours en guise de dessert de nombreuses sucreries : viennoiseries, cornes de gazelle, gâteaux hyper-sucrés et dattes fourrées enrobées de miel : il ne faut pas oublier que la farine blanche (comme le riz blanc ou le couscous) est du sucre, auquel on ajoute du sucre dans les pâtisseries. 

Des collègues nutritionnistes ont pu calculer aussi les apports alimentaires journaliers : ils montent en flèche durant le Ramadan : 3000 Calories en moyenne pour une femme (contre 2000 en temps normal) et 5000 Cal en moyenne pour un homme (contre 2500 en temps normal). C’est manifestement excessif et même dangereux pour la santé surtout consommés en un seul repas. 

Ces nombreuses calories dans un organisme sans insuffisance rénale sont stockées sous forme de gras (1 gramme de sucre apporte 4 calories et 2 grammes 8, qui associées à une de plus représentent 9 calories stockées sous la forme d’un gramme de gras). 

Ces calories transformées en gras sont mises en réserve d’abord dans le foie, puis dans les seins chez les femmes, le bassin autour de la prostate chez les hommes. En trop grand nombre, elles  constituent la pathologie hépatique la plus fréquente aujourd’hui : la stéatose hépatique, autrement dit le ”foie gras” responsable de fatigue chronique avec toutes les autres conséquences des déficits immunitaires. Et l’on sait aujourd’hui que le gras en excès est cancérigène… 


Nos conseils nutritionnels pour que le Ramadan soit
 bénéfique à votre santé 

  • Avant l’aube, un petit déjeuner substantiel et fortement hydraté, le Sahur.

Evidemment le thé a une forte et juste place, dans la mesure où il est consommé en grande quantité et si possible sans sucre, mais aromatisé par des feuilles de menthe fraîche. Il faut absolument éviter les jus de fruits des industriels, remplis de conservateurs et de sucres ajoutés. 

De même il faut réduire et même s’abstenir des produits laitiers de vache sous forme de yaourts ou autres boissons lactées dont le pouvoir sucrant (goût sucré) est faible (1/16 du pouvoir sucrant du sucré raffiné ou non) mais reste du sucre (lactose), et où des sucres (sucre, confiture…) sont souvent ajoutés. Ils induisent des addictions inconscientes pour le consommateur mais pas pour le fabriquant, qui va augmenter ses ventes. 

Le lactose en excès, que nous nommons ”lactoolisme”, fortement poussé par des publicités aux allégations nutritionnelles mensongères, est responsable de nombreuses maladies auto-immunes, prises de poids et obésité, diabète avec toutes leurs conséquences délétères des maladies auto-immunes, jusqu’aux cancers.  

Cela ne doit pas empêcher de consommer des fromages à pâtes dures ou extra-dures, largement suffisants en petite portion, et qui rassasient grâce à la mastication incontournable, facilitant la salivation et la première phase de la digestion. Ou des amandes, noix, noisettes, et réduire la quantité de pain surtout blanc. 

La consommation de fruits frais de saison – au moins deux et si possible Bio - est indispensable apportant la partie liquide faite d’eau (80%), des minéraux et oligoéléments et de fructose – le meilleur sucre pour le système nerveux central – et les fibres longuement mastiquées. 

Ce sont les fibres bien mastiquées, pré-biotiques, qui fabriquent les pro-biotiques, dont l’ensemble forme le microbiote intestinal dans son entier, ou flore intestinale, si essentiel aux défenses immunitaires. N’oublions pas qu’ils représentent 80% de notre immunité. 

Pour maintenir un taux suffisant de cholestérol nous ajoutons un œuf à la coque ou mollet, dont le jaune reste liquide et le blanc à peine pris. 

  • Une activité physique durant la journée réduite surtout en période de forte chaleur

Il est indispensable de se protéger des excès du soleil qui brûle la peau, fait fortement transpirer alors qu’on ne peut pas compenser par des boissons tout au long de la journée. 

C'est donc l’activité sportive intensive qui ne peut être recommandée, car fortement consommatrice d’eau et de minéraux (sodium, magnésium, phosphore..). Il n’y a pas encore de Marathon en période de Ramadan ! Evidemment nous ne le recommandons pas. 


  • A la rupture du jeûne, au moment de lIftar, un repas frugal est suffisant

Les choix se porteront plus sur les végétaux, salades colorées arrosées d’huile d’olive et les poissons, cuits à la vapeur douce et les fruits de mer. Le dessert s’orientera vers les salades de fruits frais de saison, sans sucres ajoutés, associés à deux ou trois dattes. 

L’hydratation se poursuivra sans la moindre goutte de coca-cola ou soda (qu’il soit light ou pas, car leurs méfaits sont les mêmes, nous préférons le répéter tant  nous observons d’abus avec ces boissons), mais sous forme de tisanes de thé, thym, romarin, cannelle… ou le soir de verveine, camomille, tilleul ou d’eau de qualité, filtrée si nécessaire. 



Les bienfaits pour votre Santé corporelle, mentale et spirituelle 

Le mois du Ramadan peut être le bon moment pour prendre conscience des fortes relations existant entre alimentation et santé. 

C’est le mois où l’on doit perdre du poids (surtout plus de masse grasse que de masse musculaire), où l’on peut réduire l’hypertension artérielle et les douleurs arthrosiques, les troubles cutanés du psoriasis, où le foie peut se ”dégraisser”, où le diabète de type II peut s’améliorer si la personne est bien conseillée, les problèmes digestifs ou respiratoires diminuer avec le sans gluten qui ne doit pas être une mode, où la bipolarité et la schizophrénie si chères aux psychiatres peuvent s’amender. 

Ainsi nombre de personnes atteintes par les maladies de civilisation peuvent profiter pour leur santé de cette période de jeûne de courte durée au delà de ses aspects purement religieux. 

Au fond le jeûne du Ramadan peut être l'occasion de prendre en charge sa santé physique et mentale, mais il peut avoir à l'inverse des effets néfastes sur la santé du corps lorsqu'est associé au jeûne une suralimentation avec un effet yoyo pour l'organisme qui est catastrophique. Le temps du jeûne mal équilibré et subi peut alors rendre agressif au moindre obstacle. 

Dans ce domaine, comme dans d'autres, nos amis musulmans ont besoin de se débarrasser de certaines mauvaises habitudes héritées de l'histoire mais surtout des faiblesses humaines qui ont toujours existé.   

C’est en les regardant en face qu’on peut les éviter, les réduire. 

Le monde chrétien a aussi ses propres contradictions avec le Carême, vécu plus comme des ”sacrifices ou des effort orientés vers les pauvres” ou des ”jeûnes spécifiques de quelques journées, ascèse personnelle”, qui ont pour objectif une certaine santé spirituelle. En cette période où nous pouvons recevoir plus particulièrement l’Esprit de Sagesse, ce questionnement est justifié. 

Nous oublions trop souvent les quatre composantes de notre Etre Humain, à la fois distinctes et unies : le corps, l’esprit, l’affectif et la fine pointe qu’est l’anima. C’est l’anima, âme qui nous met en relation avec l’Invisible, la Transcendance, l’Eternel et nous humanise contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, car elle nous met à notre juste place… A l’écoute, au service.. en humble position. 

Ainsi devrait s’orienter les jeûnes du Ramadan ou du Carême vers une meilleure santé globale de nous-même et de ceux qui nous entourent. Il ne s’agit pas d’imposer, mais de proposer. 

Concluons avec Faouzi Skali.   


Tes actes sont certes le tissu de ton âme.
Mais ne te fie pas à leur apparence.
Car c’est l’intention qui les traverse qui y insuffle la vie. 

Que la paix, la joie et une belle santé vous accompagnent tout au long de ce mois. 

Professeur Henri Joyeux 

   

4 Moment où les premières lueurs de l’aube commencent à percer l’obscurité. Cela marquera la fin du Sahur ou Suhur – le dernier repas avant le jeûne. 

[1] Auteur entre autres de Jésus dans la tradition soufie (Albin Michel 2013). Il a fondé et dirigé pendant 20 ans le célèbre et formidable Festival des Musiques sacrées du Monde à Fès, où je suis intervenu comme conférencier plusieurs années consécutives. 

[2] Traduction de Régis Blachère  – Ed. G-P. Maisonneuve  Paris 1966 

[3] Du nom féminin arabe sūrat qui signifie chapitre. 

[4] Je conseille beaucoup aux personnes très orientées vers ce type de régime, afin qu’ils en mesurent les réels dangers, de visionner le film « Hungry Hearts » : coécrit et réalisé par Saverio Costanzo, sorti en 2014 présenté en sélection officielle au festival du film de Venise.  Il a obtenu les Prix d’interprétation féminine et masculine.  

Dans Néo nutrition du 22/05/2015  par Eric Müller

 

Pour vivre plus longtemps, cessez de manger autant

 

 

Chère lectrice, cher lecteur,

Il existe une méthode très simple pour…

  • vivre plus longtemps

  • en meilleure santé

  • avec de l’énergie à revendre

  • et un cerveau alerte.

Cette méthode simple, c’est le jeûne.

Jeûner c’est priver votre corps du carburant essentiel à son fonctionnement.

Intuition N°1 : Rouler sans carburant ? C’est stupide !

Intuitivement, on se dit que jeûner est forcément une mauvaise stratégie… tout comme rouler dans une voiture avec le réservoir vide.

Le problème est que trop de personnes voient leur corps comme un engin mécanique. La réalité est bien différente.

Les populations occidentales sont habituées à manger en abondance tout au long de l’année. Les glucides représentent une part importante de leur régime. Peu nombreux sont ceux qui utilisent leur force physique au travail.

L’expérience et les études l’ont montré : jeûner améliore réellement le fonctionnement, la résistance, et la longévité de votre corps.

Dans les années 1930, des études ont montré qu’en diminuant de 30 % l’apport calorique journalier de rats, leur risque de maladies chroniques diminuait et leur longévité augmentait [1].

Savez-vous ce qui s’est passé après la crise de 1929 aux Etats-Unis ?

Une situation de famine.

Une grande partie de la population est tombée dans une pauvreté extrême. Au point que les gens n’avaient quasiment plus de quoi se nourrir.

Qu’a-t-on alors observé ? Une hausse de la mortalité ? Non. Au contraire, dans certains groupes parmi les plus touchés par la pauvreté, l’espérance de vie a augmenté de 6 ans [2] !

Intuition N°2 : ça ne peut pas être efficace

La deuxième intuition est que jeûner est trop simple pour avoir un effet profond. Jeûner ne peut pas être la base d’une thérapie sérieuse.

Les médicaments chimiques, oui.

La chirurgie, oui.

Mais soigner de vraies maladies avec le jeûne !? Ce n’est pas sérieux.

Et pourtant… diabète, cancer, Alzheimer : le jeûne aide à combattre toutes ces maladies tragiques.

L’intérêt des chercheurs pour cette pratique est assez récent. La recherche sur le jeûne n’en est qu’à ses balbutiements. Mais déjà de nombreux scientifiques estiment que le jeûne est la thérapie la plus puissante, et la plus prometteuse.

Les humains ont toujours jeûné

À vrai dire, le jeûne est une tradition ancestrale dans les sociétés humaines. Sans faire une liste complète, on peut citer plusieurs religions qui ont ritualisé le jeûne :

Le christianisme (jeûne du Carême), l’hindouisme (jeûne tous les jeudis dans le nord de l’Inde), le bouddhisme (jeûne nécessaire à la méditation des moines), l’Islam (jeûne du Ramadan).

Au-delà des religions, les humains ont toujours été forcés de jeûner : mauvaises récoltes, famines, pauvreté.

C’est très récemment que nous, Européens, avons eu accès à de la nourriture bon marché, en quantité largement suffisante. Même si cela s’est fait au détriment de la qualité des produits.

Mais depuis son apparition il y a 8 millions d’années, l’espèce humaine a très largement vécu sans ce confort.

D’ailleurs, nos réserves de graisses sont conçues pour nous permettre de tenir 3 mois sans manger [3].

L’avis du Professeur Henri Joyeux

Dans sa lettre « À propos du jeûne en cancérologie », le Pr Henri Joyeux écrit :

« [Le jeûne] devrait être systématiquement proposé aux patients, sous surveillance médicale, mais pour cela il faudrait former les psychiatres aux bienfaits des changements des habitudes alimentaires.

Cela est aussi vrai pour la plupart des spécialités médicales, de la pédiatrie à la gériatrie en passant par la cardiologie, la pneumologie, la rhumatologie, la gynécologie, la chirurgie, la neurologie… bref, toutes les spécialités médicales gagneraient à s’ouvrir à la thérapie par le jeûne. [3] »

Faisons le tour des principaux intérêts du jeûne.

Jeûner affûte les fonctions cognitives

En jeûnant, les gens observent que leurs idées deviennent plus claires. Leur cerveau devient plus alerte.

Des chercheurs de l’Institut national contre le vieillissement, aux Etats-Unis, ont compris ces effets étonnants en observant des souris. En période de jeûne, de nouveaux neurones viennent consolider leur cerveau.

Ces chercheurs y voient le fruit de l’évolution : plus nos réserves d’énergie s’épuisent, plus notre corps mise ses ressources restantes sur notre cerveau. Ce qui nous sauvera de la famine, c’est notre ingéniosité à la chasse, et notre mémoire de l’emplacement des réserves de nourriture.

La nature a sélectionné les gens qui pensent clair le ventre vide.

Si vous êtes dans la vie active, le jeûne peut booster le fonctionnement de votre cerveau. Vous aurez les idées plus claires. Vous serez en mesure de résoudre des problèmes plus complexes avec moins d’effort. Vous pourrez abattre davantage de travail en moins de temps. Vous réagirez au quart de tour – même à la fin d’une longue journée au bureau.

Plus tard dans la vie, le jeûne est une stratégie pour contrer le déclin cognitif. Il freine le développement de la maladie d’Alzheimer. Il vous permet de continuer à apprendre de nouvelles choses tout au long de la vie (par exemple comment manier un ordinateur). Vous avez plus de facilité pour mobiliser des souvenirs anciens.

Jeûner améliore votre système immunitaire

Lorsque les animaux sont malades, ils cessent de s’alimenter et se concentrent sur le repos. Ils réduisent la pression sur leur corps pour qu’il se focalise sur le combat contre l’infection.

Nous devrions plus souvent les imiter.

Il est bon de cesser de monopoliser l’attention de votre corps en lui jetant à manger constamment. Vous réduisez ainsi le stress oxydatif – facteur de vieillissement accéléré.

Votre corps a alors du temps pour une réfection intérieure. Il fait le ménage et se débarrasse des déchets qui trainent un peu partout – en particulier les radicaux libres.

Plutôt que de produire de nouvelles cellules, votre corps se focalise sur la réparation des cellules existantes (leur ADN n’est pas toujours en bon état). Cela réduit les foyers d’inflammation.

Jeûner régénère votre peau, combat l’acné et l’eczéma

Le jeûne atténue aussi les inflammations de votre peau, comme l’eczéma. Et les autres dysfonctionnements de votre peau, comme l’acné.

Durant le jeûne, votre corps peut se concentrer sur la réparation des tissus (comme la peau).

Votre corps se débarrasse des toxines et régule le fonctionnement de votre foie, de vos reins, etc.

Jeûne et cancer

En cas de chimiothérapie contre un cancer, le jeûne est utile. Il est facilité par les nausées que subissent souvent les patients sous chimiothérapie.

Les cellules cancéreuses et les cellules saines réagissent différemment au jeûne :

« Les chercheurs pensent que lorsque les cellules saines manquent d’apports énergétiques, elles se mettent en situation de protection, pour ne pas mourir. Cette protection est probablement une conséquence de l’évolution car, pendant plusieurs millions d’années, nous avons alterné les périodes d’alimentation et de disette. Les cellules cancéreuses, quant à elles, ont muté : elles n’ont plus ce mécanisme et restent sensibles au manque de nourriture. Dès lors, lorsqu’un traitement par chimiothérapie commence, les cellules saines résistent mieux avec un jeûne alors que les cellules cancéreuses sont plus vulnérables [1]. »

Par ailleurs, on note un ralentissement de la production du facteur de croissance IGF-1, qui est un puissant stimulant du développement des tissus en général… et des tumeurs en particulier [1].

Perte de poids et contrôle de l’appétit

C’est assez évident : le jeûne permet de perdre du poids – en particulier des graisses. C’est pourquoi il est déconseillé aux femmes enceintes et aux personnes anormalement maigres.

Mais si vous ne pratiquez pas d’activité physique pendant le jeûne, la perte de poids sera assez limitée. Lorsque votre corps se met en mode famine, il s’accroche tant qu’il peut aux graisses qui lui restent.

Après un jeûne, votre appétit se régule. Vous redevenez conscient de la différence entre réelle faim et gourmandise.

Vous pouvez effacer les dysfonctionnements liés à l’appétit. C’est particulièrement intéressant pour les personnes obèses dont les signaux de la réelle faim sont brouillés.

Jeûner réduit l’hypertension

Pour l’hypertension, les résultats du jeûne sont visibles rapidement. Les triglycérides et le cholestérol se normalisent. La tension redevient acceptable.

Avec l’accord de son médecin, il peut devenir possible d’arrêter les prises de médicaments.

S’attaquer au diabète de type 2 en jeûnant

Le jeûne est recommandé en cas de diabète de type 2 – baisse de l’efficacité de l’insuline.

D’emblée, le jeûne fait baisser le taux de glucose du sang. Cela met votre pancréas au repos (bien mérité).

Progressivement, vos cellules pourront retrouver leur sensibilité normale à l’insuline.

Cette méthode peut également permettre d’arrêter les médicaments.

Jeûner pour combattre la dépression

Là encore, les effets du jeûne sont étonnants.

Les malades retrouvent un esprit positif. Cela s’accompagne de changements hormonaux. Le cortisol augmente au petit matin, la dopamine pendant la journée, la sérotonine le soir pour bien dormir.

Cependant l’efficacité à long terme du jeûne sur la dépression dépendra des causes initiales de celle-ci.

Le jeûne a encore beaucoup d’autres bienfaits, et des plus divers. Certains ne sont même pas encore connus.

On comprend à présent pourquoi nombreux sont ceux qui disent que le jeûne est un bouton de remise à zéro du système.

Grâce au jeûne, votre corps se remet à fonctionner comme il le devrait. Vos sécrétions d’hormones reviennent à des niveaux normaux. Votre appétit redevient normal. Votre poids se stabilise. Votre cerveau redevient un outil de calcul surpuissant.

Moins vous mangez, plus vous vivez longtemps

Les scientifiques ont toujours été sidérés de constater la longévité des habitants de l’Île d’Okinawa au Japon, ou d’autres populations d’Inde.

Certains s’habituent à manger peu (restriction calorique). D’autres pratiquent le jeûne régulièrement.

Tous ont une longévité exceptionnelle. Ils restent actifs et alertes jusqu’à un âge très avancé – certains courent encore le marathon à 100 ans !!!

Ils tombent très rarement malades. Ils sont largement épargnés par les maladies de civilisation qui nous touchent.

Il y a vraiment de quoi remettre en cause notre mode vie.

(A suivre…) les manières de jeûner

Quel que soit votre âge, ou votre état de santé, le jeûne a quelque chose à vous offrir.

Il améliore votre performance physique et intellectuelle au quotidien.

Il vous permet d’atteindre la santé optimale.

Dans une prochaine lettre, je détaillerai pour vous les différentes manières de jeûner. Vous pourrez choisir celle qui vous convient le mieux. Tout va dépendre du résultat que vous souhaitez obtenir… et de vos habitudes alimentaires.

Bien à vous,

Eric Müller

 

 

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