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ALLERGIES

Allergies : plan de bataille complet

 

Lettre de PureSanté du 27/04/2017

Par Gabriel Combris

 

Chère lectrice, cher lecteur,

Je pense que des milliers de mères de famille, héroïnes admirables qui luttent au quotidien pour obtenir que leurs enfants se lavent les mains, les ongles, se peignent, se brossent, etc., vont me maudire, mais tant pis !

Je le dis haut et net : l’excès de propreté est un vilain défaut.

L’hygiène partout, tout le temps, la douche matin et soir, les avertissements à chaque minute de la vie « ne mets pas tes mains dans la terre, ne touche pas les animaux, fais pas ci, fais pas ça, sois propre et tais-toi »…

Je vous dis cela car nous sommes en plein dans le temps des allergies saisonnières.

Elles sont en pleine explosion : 10 % des Français souffraient d’une allergie respiratoire en 1980 (asthme, rhinite allergique) ; ils sont près de 30 % aujourd’hui et les projections suggèrent qu’une personne sur deux pourrait être concernée d’ici 2020 [1] !

D’accord, mais quel rapport avec la propreté ?

On sait aujourd’hui que l’immunité ne se construit qu’après 200 épisodes infectieux, et que les antibiotiques et une hygiène excessive retardent cette immunité.

En 1989, le Pr David Strachan, de l’Université de Londres, a démontré le lien entre l’exposition aux microbes dans l’enfance et les allergies [2].

Depuis, plusieurs études ont constaté que les allergies sont moins fréquentes chez les personnes exposées aux animaux domestiques [3], chez les enfants grandissant dans une ferme [4] et chez ceux qui vont en crèche [5].

En effet, la vie en collectivité et le fait d’être confronté dans l’enfance aux microbes permet d’enrichir le microbiote intestinal dans les premières années de la vie ; et plus le microbiote est diversifié, mieux l’organisme résiste aux allergies [6].

Petit conseil aux parents, donc : laissez vos enfants courir dehors, gratter dans la terre, jouer avec des insectes, des racines etc.

Pour tout vous dire, des chercheurs ont même constaté que les bébés des villes exposés aux cafards, aux souris, aux acariens et à d’autres allergènes dans la poussière de la maison durant la première année de leur vie avaient moins de risques de souffrir d’allergies plus tard [7].

C’est dire si un petit triturage de ver tout visqueux, les mains bien plongées dans la terre et dont on ressort avec les ongles dégoûtants ne fait de mal à personne.

Maintenant, on peut aussi faire autre chose pour se prémunir contre les allergies.

Désolé d’avance pour le côté un peu catalogue des remèdes qui suivent, mais vous aurez ainsi un plan de bataille complet à essayer en cas d’allergie ou de rhinite allergique.

Et si vous avez vos propres traitements naturels contre les allergies saisonnières, merci d’avance de les partager avec les lecteurs de PureSanté en commentaire de cette lettre.

Bâtissons ensemble une France qui n’éternue plus (et votez Combris, bien sûr :-)…) !

La France qui n’éternue plus

La naturopathe Annie Casamayou a consacré un dossier complet à la prévention des allergies, dans le journal Alternatif Bien-Être [8].

Elle conseille de démarrer dès le printemps – un peu avant si possible – avec la prise de certains suppléments :

  • D’abord la vitamine D3, régulatrice du système immunitaire et qu’on ne présente plus ; les données scientifiques suggèrent en effet qu’un déficit en vitamine D est associé au risque de développer une allergie [9].

 

Une étude américaine récente, qui s’est déroulée en 2005 et 2006, a trouvé qu’un déficit en vitamine D (moins de 15 ng/ml) chez l’enfant et l’adolescent est associé à des niveaux plus élevés d’IgE (immunoglobines E [10]) spécifiques d’allergènes alimentaires et environnementaux.

 

Or, la fin de l’hiver, surtout en Europe du Nord, est le moment où l’on présente le plus de risques d’être en déficit.

 

Une supplémentation de 4000 UI par jour s’impose donc.

 

  • Les probiotiques

 

L’effet anti-allergène de certaines souches de bactéries intestinales a été démontré : pour les adultes avec les bifidobactéries (Bifidobacterium lactis NCC2818 [11]) et les lactobacilles (Lactobacillus paracasei LP-33 [12]), pour les enfants, avec lactobacillus casei [13].

 

  • Le zinc est le minéral le plus important pour le système immunitaire et un déficit même léger peut avoir un impact sur les mécanismes impliqués dans les allergies [14].

 

Le zinc renforce aussi les muqueuses respiratoires et est également un antioxydant limitant les réactions inflammatoires liées à l’allergie.

 

Le zinc se trouve principalement dans les fruits de mer (les huîtres), les poissons et les champignons. En situation de déficit (plus de 50 % de la population seraient concernés), on recommande d’ajouter une complémentation, mais sans dépasser la dose de 15 mg par jour.


Certaines substances naturelles sont également reconnues pour leurs propriétés « antihistaminiques » (qui peuvent diminuer les réactions allergiques) :

 

  • La nigelle (cumin noir) est LE remède traditionnel des allergies. Elle diminue significativement la congestion, les sécrétions nasales et les éternuements [15]. Le plus simple est d’avaler une cuillerée à café par jour.
  • La quercétine, un pigment présent dans l’oignon, a montré dans une étude sa capacité à inhiber la formation de l’histamine [16] et à stabiliser l’activité des mastocytes, les cellules productrices d’histamine [17]. 100 mg par jour pendant 8 semaines.
  • La spiruline est une algue reconnue pour moduler l’activité du système immunitaire. Prendre de la spiruline améliore la congestion nasale, diminue les éternuements et les démangeaisons [18]. Une étude en double-aveugle sur 129 personnes a montré que la spiruline (2 g par jour pendant 12 semaines) peut être efficace en cas de rhinite allergique [19].

En phytothérapie

Plusieurs plantes ont montré de bons effets sur les symptômes allergiques : l’ortie qui est un excellent anti-inflammatoire et qui inhibe les récepteurs à l’histamine.


Également, l’acide rosmarinique, un antioxydant présent dans la sauge, l’origan, la sarriette ou le basilic, utile pour contrer les effets inflammatoires liés aux allergies [20].

Le plus simple est de préparer des infusions de plantes sèches et d’en consommer 3 tasses par jour, et selon l’importance de vos symptômes d’ajouter des gélules d’ortie dosées à 600 mg [21].

Le journal spécialisé Plantes & Bien-Être conseille également une infusion de plantain, dont les feuilles tendres renferment de l’aucuboside, un actif aux propriétés antibactériennes, antitussives et anti-allergiques.

On laisse infuser 10 minutes à raison de 2 g par tasse, on filtre et on boit 3 tasses par jour.

Bon… Certains parmi vous vont peut-être faire la grimace (le plantain a un goût amer), et peuvent aussi le trouver en extrait fluide (1 cuillerée à café 3 fois par jour diluée dans un grand verre d’eau ou de tisane) ou en extrait sec de plante (3 gélules par jour avec un grand verre d’eau).

   


En aromathérapie 

L’huile essentielle la plus efficace est certainement l’huile essentielle d’estragon (Artemisia dracunculus), qui doit être utilisée avec précaution car elle contient du méthylchavicol ou estragole, qui est toxique à forte dose.

Le mieux est donc de l’utiliser inhalée sur un mouchoir ou diluée avec de l’huile de noisette à part égale en massage sur les ailes du nez ou les sinus.

Si vous lui demandez gentiment, votre pharmacien peut aussi vous préparer un mélange anti-acariens à vaporiser sur la literie, les rideaux, les édredons, les moquettes, etc [22].

  • HE (huile essentielle) de matricaire (Matricaria chamomilla) : 80 gouttes
  • HE de lavande officinale (Lavandula vera) : 30 gouttes
  • HE de géranium (Pelargonium asperum) : 40 gouttes
  • HE d’eucalyptus citronné (Eucalyptus citriodora) : 40 gouttes
  • Alcool à 90° QSP : 100 ml

En oligothérapie 

Cette lettre est l’occasion d’évoquer (brièvement) les travaux du Dr Jacques Ménétrier qui, au milieu du siècle dernier, mit au point une « médecine des fonctions » utilisant les oligo-éléments pour travailler sur le terrain et non pas les symptômes [23].

Parmi ces oligo-éléments, on conseille du manganèse, à alterner avec un complexe manganèse- cuivre, du lundi au samedi, et du soufre le dimanche, toujours en ampoule sublinguale, à garder sous la langue 1 à 2 minutes avant d’avaler.

Le manganèse se concentre surtout au niveau mitochondrial (centrales énergiques des cellules) ; il a une action détoxifiante générale, améliore la production d’énergie au niveau cellulaire et participe au mécanisme de défense contre l’attaque des radicaux libres.

On le conseille dans l’asthme bronchique allergique, les dermatoses allergiques et la rhinite allergique.

Quant au soufre, on l’utilise dans les manifestations dermatologiques, rhumatismales, mais aussi dans les manifestations allergiques, en particulier celles qui touchent la sphère ORL. Les aliments riches en soufre sont les légumes secs, les choux, l’ail, les œufs, les viandes maigres et les poissons ; les 2 acides aminés soufrés, cystine et méthionine, représentent les principales sources de soufre pour l’organisme.

Petite question pour la route… 

Ah, et avant de vous quitter, une petite question que j’allais oublier :

- La première chose à faire quand on est allergique, c’est ?

 

- …D’éviter les allergènes !


Bravo, il y en a qui suivent !

Donc, pendant la saison des pollens :

  • Évitez de sortir les jours de grand vent
  • Évitez de laisser les fenêtres fermées dans la journée, de faire sécher votre linge à l’extérieur.
  • Pensez à vous laver les cheveux régulièrement, et à bien vous nettoyer le nez matin et soir avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer [24].

Pour connaître les périodes et les pics de pollinisation, consultez le bulletin allergopollinique du RNSA (Réseau national de surveillance aerobiologique), qui permet de suivre région par région les risques liés aux pollens (www.pollens.fr).

Et je vous rappelle que je compte sur vous pour partager les remèdes qui ont fonctionné pour vous en cliquant ici ou en bas de ce message !

Santé !

Gabriel Combris





Sources :

[1] D. Charpin, I. Annesi-Maesano, Ph. Godard, M-C. Kopferschmitt-Kubler, M.P. Oryszczyn, J-P. Daures, E. Quoix, C. Rahérison, A. Taytard, D. Vervloet - Prévalence des maladies allergiques de l'enfant : l'enquête ISAAC-France, phase 1 - BEH n°13 (30 mars 1999)
[2] D. P. Strachan - Hay fever, hygiene, and household size. BMJ. 1989 Nov 18; 299(6710): 1259–1260.
[3] Hesselmar B , Aberg N , Aberg B , Eriksson B , Björkstén B - Does early exposure to cat or dog protect against later allergy development? Clinical and Experimental Allergy : Journal of the British Society for Allergy and Clinical Immunology [1999, 29(5):611-617]
[4] J. Douwes, N. Travier, K. Huang, S. Cheng, J. McKenzie, G. Le Gros, E. von Mutius, N. Pearce - Lifelong farm exposure may strongly reduce the risk of asthma in adults - DOI: 10.1111/j.1398-9995.2007.01490.x
[5] J. Heinrich, B. Hoelscher, C. Frye, I. Meyer, M. Wjst, H-E. Wichmann - Trends in prevalence of atopic diseases and allergic sensitization in children in Eastern Germany - DOI: 10.1183/09031936.02.00261802 Published 1 June 2002
[6] Mumbi Munyaka P et coll. External influence of early childhood establishment of gut microbiota and subsequent health implications. Frontiers in pediatrics, 9 octobre 2014;2(109):1-9.
[7] D. P. Strachan - Hay fever, hygiene, and household size. BMJ. 1989 Nov 18; 299(6710): 1259–1260.
[8] Alternatif Bien-Être numéro 115, mars 2016.
[9] Rudders SA, Espinola JA, Camargo CA Jr. North-south differences in US emergency department visits for acute allergic reactions. Ann Allergy Asthma Immunol. 2010 May;104(5):413-6. doi: 10.1016/j.anai.2010.01.022.
Arshi S, Ghalehbaghi B, Kamrava SK, Aminlou M. Vitamin D serum levels in allergic rhinitis: any difference from normal population? Asia Pac Allergy. 2012 Jan;2(1):45-8. doi: 10.5415/apallergy.2012.2.1.45. Epub 2012 Jan 18.[10] http://sante-medecine.journaldesfemmes.com/faq/32854-ige-immunoglobuline-e-definition
[11] Singh A et al. : Immune-modulatory effect of probiotic Bifidobacterium lactis NCC2818 in individuals suffering from seasonal allergic rhinitis to grass pollen: an exploratory, randomized, placebo-controlled clinical trial. Eur J Clin Nutr. 2013 Jan 9.
[12] Costa DJ et al. : Efficacy and safety of the probiotic Lactobacillus paracasei LP-33 in allergic rhinitis: a double-blind, randomized, placebo-controlled trial (GA2LEN Study). Eur J Clin Nutr. 2014 May;68(5):602-7. doi: 10.1038/ejcn.2014.13. Epub 2014 Feb 26.
[13] Giovannini M et al. : Felicita Study Group. A randomized prospective double blind controlled trial on effects of long-term consumption of fermented milk containing Lactobacillus casei in pre-school children with allergic asthma and/or rhinitis. Pediatr Res. 2007 Aug;62(2):215-20.
[14] Nurmatov U, Devereux G, Sheikh A. Nutrients and foods for the primary prevention of asthma and allergy: systematic review and meta-analysis. J Allergy Clin Immunol. 2011 Mar;127(3):724-33.e1-30. doi: 10.1016/j.jaci.2010.11.001. Epub 2010 Dec 24.
[15] Nikakhlagh S, Rahim F, Aryani FH, Syahpoush A, Brougerdnya MG, Saki N. Herbal treatment of allergic rhinitis: the use of Nigella sativa. Am J Otolaryngol. 2011 Sep-Oct;32(5):402-7. doi: 10.1016/j.amjoto.2010.07.019. Epub 2010 Oct 13.
[16] L'histamine est une molécule sécrétée par certaines cellules de l'organisme, lorsque l'organisme est en contact avec une substance envers laquelle il est hypersensible. 
[17] Kawai M, Hirano T, Arimitsu J, et al.Effect of enzymatically modified isoquercitrin, a flavonoid, on symptoms of Japanese cedar pollinosis: a randomized double-blind placebo-controlled trial. Int Arch Allergy Immunol. 2009;149(4):359-68. Epub 2009 Mar 17.
Hirano T, Kawai M, Arimitsu J, et al. Preventative effect of a flavonoid, enzymatically modified isoquercitrin on ocular symptoms of Japanese cedar pollinosis. Allergol Int. 2009 Sep;58(3):373-82. Epub 2009 May 25.Huang RY, Yu YL, Cheng WC, et al. Immunosuppressive effect of quercetin on dendritic cell activation and function. J Immunol. 2010 Jun 15;184(12):6815-21. Epub 2010 May 17[18] Cingi C, Conk-Dalay M, Cakli H, Bal C. The effects of spirulina on allergic rhinitis Eur Arch Otorhinolaryngol. 2008 Mar 15.
[19] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15857205
[20] Osakabe N, Takano H, Sanbongi C, et al. Anti-inflammatory and anti-allergic effect of rosmarinic acid (RA); inhibition of seasonal allergic rhinoconjunctivitis (SAR) and its mechanism. Biofactors. 2004;21(1-4):127-31.
Takano H, Osakabe N, Sanbongi C, et al.Extract of Perilla frutescens enriched for rosmarinic acid, a polyphenolic phytochemical, inhibits seasonal allergic rhinoconjunctivitis in humans.Exp Biol Med (Maywood). 2004 Mar;229(3):247-54.[21] Mittman P. Randomized, double-blind study of freeze-dried Urtica dioica in the treatment of allergic rhinitis. Planta Med. 1990 Feb;56(1):44-7.
Roschek B Jr, Fink RC, McMichael M, Alberte RS. Nettle extract (Urtica dioica) affects key receptors and enzymes associated with allergic rhinitis. Phytother Res. 2009 Jul;23(7):920-6.[22] Remarque : Les personnes allergiques peuvent être allergiques aux huiles essentielles : celles qui ne supportent pas les parfums, par exemple. Il faut donc toujours procéder à un test de tolérance qui consiste à placer une goutte d’huile essentielle au pli du coude et attendre quelques minutes ; s’il n’y a pas de réaction, le traitement est possible.
[23] http://naturopathie83.e-monsite.com/medias/files/les-diatheses-de-menetrier.pdf
[24] Kristina E. Hermelingmeier, M.D., Rainer K. Weber, Ph.D., Martin Hellmich, Ph.D., Christine P. Heubach, M.D., and Ralph Mösges, Ph.D - Nasal irrigation as an adjunctive treatment in allergic rhinitis: A systematic review and meta-analysis - Am J Rhinol Allergy. 2012 Sep-Oct; 26(5): e119–e125. doi: 10.2500/ajra.2012.26.3787




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